Aux militants du MoDem dans le 13ème (Paris)

Chers amis du MoDem dans le 13ème,

Avant notre tant attendue première réunion, je vous adresse une proposition de réflexion sur notre programme pour les Municipales. Comment gagner ces élections ?

Nous ne gagnerons pas dans le 13ème en proposant plus de crèches, d'espaces verts ou de bus ! Nous ne gagnerons pas avec ces propositions car ce sont exactement les mêmes que celles de la gauche et de la droite. Ces propositions sont donc la base, mais nous ne devons pas nous focaliser dessus.

Alors que faire pour gagner ?

Outre le fait qu'il nous faille au plus vite des candidats, nous ne gagnerons que si nous pouvons d'abord proposer une VISION. C'est-à-dire un projet global et à long terme, basé sur une dizaine de propositions simples et compréhensibles, dont quelques une légèrement provocatrices. Il ne faut donc pas faire un projet crédible et laborieux pour la prochaine mandature, mais un projet médiatique et mobilisateur pour les 20 ans à venir. Surtout, un projet original et innovant.

Alors construisons ensemble, au gré du blog de projet de Marielle de Sarnez, des travaux de section, de toutes nos rencontres informelles, une vision nouvelle de Paris. N'ayons pas peur de provoquer, c'est ainsi que l'on débattra entre nous et que l'on existera dans les média. N'ayons pas peur de proposer des idées audacieuses et originales. Nous pouvons créer une ville nouvelle, c'est d'ailleurs l'ambition du MoDem : le renouvellement face aux deux conservatismes qu'incarnent la gauche et la droite!

 

Dans ce cadre, les premières idées que je vous soumets seraient les suivantes :

 
Une mixité sociale et économique

  • L'ambition urbaine du MoDem est de redonner à la ville un équilibre et un développement harmonieux qui fasse sa place à chacun. Le cas du 13ème est un peu particulier car nous habitons un quartier plutôt pauvre à l'échelle de Paris, mais relativement privilégié à l'échelle de l'Est de la Région.
  • Même si nous sommes déjà très en avance, nous devons prendre notre part dans l'effort de logement social nécessaire à l'échelle nationale. Concernant le logement, qu'il soit social ou « normal », il n'y a pas de solution miracle : si nous voulons maîtriser les prix (emprunts ou loyers) de l'immobilier, si nous voulons une immigration généreuse, si nous voulons conduire une politique de mixité : il faut construire, construire, construire ! Le reste, c'est du vent ! Dans le 13ème il nous faut donc poursuivre et accélérer le développement de Paris Rive Gauche, de l'EcoZAC, construire aussi sur le périphérique et sur les ruines de la petite ceinture ! C'est sûr que c'est cher et c'est d'autant plus cher que nous construirons responsable, mais on voit bien que l'excuse d'absence de terrain est d'abord celle de l'immobilisme. Nous pouvons agir maintenant.
  • Et comme nous avons déjà beaucoup de logements, il nous faut aussi penser à une mixité économique : le développement d'activités de bureaux. J'ai déjà essayé de proposer une idée surprenante mais symbolique et qui va au bout de notre réflexion : la construction d'une tour de bureau sur la place d'Italie ! Ce serait évidement la dernière dans ce quartier, mais ce serait surtout le symbole de son renouveau : d'abord parce que la commercialisation de ce foncier permettrait de financer le renouvellement urbain des dalles comme celle des Olympiades, ensuite parce que cette œuvre architecturale majeure incarnerait la fierté retrouvée de l'architecture verticale et revaloriserait ainsi tout le quartier, enfin parce que qu'il serait possible, en y installant un service public, d'ouvrir à tous l'accès à la place d'Italie, le cœur de notre arrondissement, qui reste aujourd'hui un vaste rond-point inutile.

 

L'efficacité des différents modes de transports

  • Sur ce sujet également nous devrions agir sur tous les fronts et, sans forcément privilégier certains modes de transports, tous les renfoncer. Concernant les transports publics, toutes les idées et projets (et nous en auront) sur la prolongation des lignes existantes ou sur les fréquences sont les bienvenues.
  • Concernant la circulation automobile, je regrette que dans le cadre de paris Rive Gauche, il n'ait pas encore été prévu la réalisation d'un tunnel routier au niveau des voies, ce qui aurait permis de soulager la circulation sur les quais, en surface et même sur l'avenue d'Italie pour tous ceux qui souhaitent entrer dans Paris et ne font que transiter chez nous. Il faudra également, mettre en place le financement équitable du transport durable : des péages pour les véhicules automobiles, le juste prix pour le stationnement résidentiel, et payer plus d'impôts pour plus de transports collectifs.
  • Au croisement des transports collectifs et individuels, nous devrions nous emparer de la question des taxis. Il est possible de diviser les prix par deux en multipliant par deux le nombre de véhicules ! Ce pourrait être un geste fort contre le chômage et contre les problèmes de transport : une décision qui peut être mise en place rapidement et sans infrastructures lourdes. Il faut donc combattre le lobby qui protège ses intérêts particuliers contre l'intérêt général. S'il le faut, pour faire bouger les choses, créer une régie municipale de taxis collectifs.
  • Enfin, je rêve de voir la rue de Tolbiac, l'axe vital de notre arrondissement transformée en coulée verte piétonne et bus. Ainsi, offrir à tous un nouveau parc linéaire, un parcours de santé, un axe de déplacement propre et convivial, le symbole de notre nouvelle qualité de vie.

 

La qualité de vie urbaine

  • Pour améliorer notre qualité de vie, nous pourrions proposer, à l'échelle de l'arrondissement au-moins,  la création de deux agences municipales nouvelles. La première concernerait l'emploi à domicile. Il s'agirait de réduire le chômage, de recréer localement du lien social et de développer encore des services (garde d'enfants ou personnes âgées) qui ne trouvent pas leur épanouissement (ou leur place) dans les structures collectives. Ce marché des nourrisses, des femmes de ménage ou de l'assistance aux ainés, payés par chèque emploi service ou contrats individuels pourrait encore se développer dans l'intérêt général. Mais il est extrêmement précaire pour ces salariés, une agence municipale permettrait alors de le sécuriser.
  • La seconde agence serait une agence de veille et d'information transparente sur tous les paramètres qui impactent notre vie quotidienne urbaine (qualité de l'air et de l'eau, accidentologie, bruits, maladies urbaines, indice du coût de la vie à Paris, etc…). Il faut que chacun soit informé, car c'est ainsi que chacun pourra réagir et devenir un citoyen actif !
  • Enfin, la lutte contre toutes les nuisances du quotidien pourrait être l'un de nos thèmes de campagne : nous souhaitons une ville harmonieuse et paisible. Ainsi nos élus devraient être véritablement des relais contre le bruit, contre la circulation dans les couloirs de bus, l'occupation indue des trottoirs, les problèmes de propreté, et tout ce qui perturbe le quotidien. Il ne s'agit ni de remplacer, ni de renforcer la police, mais bien de dire que nos élus sont des élus de terrain, présents pour être des médiateurs au service de la qualité de vie au quotidien.

 

Une nouvelle démocratie locale

  •  A tous les niveaux administratifs, nous devrions défendre l'ambition du Grand Paris : notre destin et nos problèmes sont quasiment les mêmes que ceux de nos voisins d'Ivry, du Kremlin-Bicêtre et de Gentilly. Et ce n'est qu'en partageant la même organisation politique que nous pourrons enfin maîtriser les questions de transports, de logements ou de pollution.
  •  La nouvelle démocratie locale, ce serait également l'engagement de réaliser des référendums sur les grands projets à long terme car ils dépassent les compétences et le mandat de la majorité élue.
  • Enfin, nous ne devrions pas avoir peur d'aborder la question d'une augmentation des impôts (qui sont plutôt modérés à Paris) pour financer la mise en place ou l'accroissement de nouveaux services publics. Ainsi par exemple, dans les transports en commun il n'y a pas de solution miracle : seul davantage de financement permettra davantage de fréquences, de dessertes et de confort. Ces hausses d'impôts seraient librement consenties par referendum.

 

Voilà ma contribution avant notre réunion. C'est trop lapidaire pour être complet. C'est trop personnel pour être définitif. Ce n'est qu'une pierre à notre projet commun. Celui-ci se construira en liaison avec le projet global de Marielle de Sarnez et avec les projets de quartiers que nous allons définir ensemble.

 
Je souhaite de tout cœur que notre réunion soit constructive et qu'elle reflète nos valeurs d'écoute, de dialogue et de démocratie.

 
A bientôt,